Question/Réponse : « Courtiers en crédits et IOBSP : défenseurs d’intérêts »

 

Bruno Rouleau, Consultant et Directeur des partenariats chez In&Fi Crédits,

et Laurent Denis, Avocat chez Endroit Avocat, répondent aux questions de Guillaume Langevin,

pour RCPRO Entrepreneurs, afin de présenter le livre

« Courtiers en crédits et IOBSP : défenseurs d’intérêts »

 

Entretien réalisé le 26 novembre 2018.

 

Guillaume Langevin, RCPRO Entrepreneurs : Bruno Rouleau, Laurent Denis, vous avez proposé au public un livre assez inhabituel, puisqu’il porte sur les courtiers en crédits et sur les IOBSP. Un sujet encore bien rare dans la littérature économique ou juridique. En quoi est-ce utile de s’intéresser aux courtiers en crédit ?

Bruno Rouleau : premier constat : il n’existait aucune analyse portant sur les racines du métier, ses origines, son parcours, ses difficultés à émerger. Surtout, nous voyons partout les prémisses de l’entrée dans une phase de restructurations particulièrement active ; non pas pour purger des difficultés, comme c’est souvent le cas, mais pour structurer la forte croissance d’un secteur économique. Nous voulions réaliser le portrait d’une profession et donner la parole à ceux qui la composent.

Laurent Denis : les courtiers en crédit et les IOBSP sont les professionnels en verre du secteur bancaire. Les exclus, les grands anonymes. Pourtant, ils renouvellent profondément la distribution comme la consommation bancaires. Cette situation constitue, en soi, une curiosité. Elle est même franchement suspecte. Il est indispensable de restituer aux IOBSP la place qui est à présent la leur, dans l’économie bancaire contemporaine. D’autant que le Droit qui leur est applicable se trouve, nettement, trop lourd, souvent infondé, parfois même, frôlant la discrimination économique.

 

GL : quels principaux enseignements tirez-vous de l’analyse réalisée ?

BR : le courtage en crédits reste porteur d’un fort potentiel de renouvellement du secteur bancaire. La structure actuelle du Droit de la distribution bancaire comprime ce potentiel, limite son expression ou sa vitesse de diffusion dans l’économie. C’est regrettable, car l’optimisation du développement économique de l’intermédiation pourrait, très efficacement, compenser largement les emplois perdus dans d’autres zones du secteur bancaire, notamment dans les réseaux directs d’agences bancaires des établissements de crédit, dont la débandade est en fait bien supérieure à la description qui en faite, comme nous le savons tous.

LD :  le courtage en crédits est aujourd’hui, à la fois, entravé et dynamique. Il ne s’agit évidemment pas de nier l’utilité du Droit pour cette profession : elle est évidemment admise. Le développement de l’intermédiation bancaire nécessite la confiance des consommateurs, donc leur sécurité effective. Simplement, le Droit doit être efficace, objectif souvent délaissé ; et il doit s’appliquer identiquement à tous. Or, tel n’est pas le cas.

Sans réforme ambitieuse du Droit de la distribution bancaire, les atouts qu’ils apportent resteront, en large part, inexploités : un gâchis économique. Mieux équilibrer la distribution bancaire en France est un enjeu économique majeur d’évidence.

 

GL : merci à vous deux, Bruno Rouleau et Laurent Denis, pour nous avoir présenté cet ouvrage qui je n’en doute pas saura susciter des envies de lecture !

 

« Courtiers en crédits et IOBSP : défenseurs d’intérêts » offre une très belle plongée dans le monde de l’intermédiation bancaire et du courtage en crédit.

Vous êtes tous les deux les auteurs du « Panorama IOBSP », autre ouvrage qui explore chaque année en détail l’environnement des IOBSP et dont le millésime 2019 sortira le 31 janvier prochain.

Laurent Denis (www.endroit-avocat.fr), est l’auteur de son côté du référent « Droit de la distribution bancaire », actualisé en 2016 et du tout récent « Réussir un crédit immobilier ».

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