L’évaluation de la solvabilité d’un client demandant un crédit

 

L’évaluation de la solvabilité d’un client demandant un crédit

 

Lorsqu’il prépare son projet, un créateur d’entreprise doit tenir compte du fait que ses clients lui demanderont souvent des délais de paiement. En conséquence, il doit faire en sorte que sa trésorerie lui permette d’accepter ces délais et tenir compte de la situation financière de chaque client avant de lui faire crédit. Ceci est capital, car la perte de créances importantes est l’une des principales causes des défaillances d’entreprises.

Les documents à exiger du client pour l’étude de sa demande

Pour savoir dans quelle mesure il peut accorder un crédit à un client, un entrepreneur doit raisonner comme un banquier auquel on demande un crédit à court terme. En conséquence, il faut demander au client les documents suivants :

  • Les bilans et les comptes de résultats des trois derniers exercices clos ;
  • Son plan de financement ;
  • Son plan de trésorerie. Ce document est d’une importance capitale, car il permet de savoir si la trésorerie du client lui permettra de payer le montant dû à l’échéance prévue.

Si l’entreprise cliente est une SA, une SARL, une SAS ou une SASU, elle doit publier ses comptes annuels au greffe du tribunal de commerce. Mais il faut payer des frais pour acheter ces documents. Il est donc préférable de demander au client de les remettre.

Les autres informations à collecter

Il faut aussi se renseigner sur l’environnement économique du client pour savoir si son marché est porteur ou s’il est en train de s’effondrer. Des données complémentaires doivent être recherchées pour savoir si les produits du client sont suffisamment compétitifs pour que ses parts de marché puissent progresser.

L’analyse de la solvabilité du client

Il faut bien entendu mesurer l’évolution des différents ratios financiers du client. En ce qui concerne le bilan et le compte de résultat, il convient notamment d’examiner l’évolution des chiffres suivants :

  • Fonds propres/total du bilan. Plus ce ratio est élevé, plus l’entreprise est solvable. En revanche, il faut refuser le crédit si l’actif net est trop faible.
  • Fonds propres/capitaux permanents (les fonds propres doivent être au moins égaux aux emprunts bancaires à moyen et long terme) ;
  • Évolution de la durée des crédits accordés par les fournisseurs et de celle des délais que l’entreprise doit accorder elle-même à ses propres clients. Si les délais de paiement s’allongent, il convient d’être prudent, car ceci peut révéler une dégradation de la trésorerie.
  • Évolution des dettes bancaires à court terme ;
  • Progression du chiffre d’affaires, de la valeur ajoutée, du résultat brut d’exploitation, du résultat courant avant impôt et du résultat net ;
  • Situation de l’entreprise vis-à-vis du Trésor et des organismes sociaux (il faut consulter l’état des privilèges inscrits si le bilan ne révèle pas une situation saine) ;
  • Évolution du ratio dettes à moyen terme/cash-flow. Ce ratio permet de savoir en combien de temps la société peut rembourser ses emprunts à moyen terme. Il ne faut pas que l’endettement à moyen terme dépasse cinq années de cash-flow.
  • Évolution du ratio frais financiers/chiffre d’affaires. Si le poids des frais financiers est excessif, le fournisseur doit être prudent, car l’entreprise cliente s’expose à des refus de crédit de la part des banques.
  • Évolution du fonds de roulement et des besoins en fonds de roulement. Si les besoins en fonds de roulement augmentent plus vite que le chiffre d’affaires, ceci doit faire craindre une dégradation de la trésorerie de l’entreprise.

Les organismes de renseignements commerciaux

Il s’agit de sociétés spécialisées dans l’évaluation de la situation financière des entreprises. Elles se chargent d’analyser les bilans et les comptes de résultats publiés et d’adresser à l’entrepreneur un compte-rendu lui permettant de savoir s’il peut accorder le crédit demandé sans prendre un risque excessif. Cette prestation est payante, mais elle peut être économique pour une entreprise qui n’a pas les moyens d’étudier elle-même les demandes de crédits.

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Thierry Vandecasteele

Courtier grossiste souscripteur en assurance, Coverholder at LLOYDS